Le vendredi 21 juillet 2017

GABRIEL, HOMME GAI DE 22 ANS, EX-CONSOMMATEUR DE CRYSTAL METH : JUSTE EXISTER ÉTAIT DIFFICILE

Gabriel, jeune designer de mode de Montréal, sobre depuis sept mois et plus déterminé que jamais, parle de son expérience d’ex-consommateur et de son projet SØRRY MØM. Un projet très important pour lui. Désirant sensibiliser et contribuer à la communauté LGBTQ+, Gabriel nous démontre qu’il est possible de s’en sortir et rappelle la relation entre consommation et sexualité.

 

Dans cet article, nous partageons son témoignage et présentons son projet de création de t-shirts SØRRY MØM dont une partie des bénéfices seront remis à RÉZO. Cliquer ici: pour en savoir plus.

 

 

Gabriel (crédits: Yannick Fornacciari)

Gabriel 1

 

Mes premières fois

 

 


J’ai consommé du crystal meth pour la première fois en décembre 2015.  C’était avec un gars que j’avais rencontré sur Grindr et qui m’avait proposé de faire du PNP (party and play). Je ne savais pas ce que c’était, du PNP. Excité par la nouveauté, je me suis laissé aller. Chez lui, le gars m’a fait essayer du crystal meth (en le fumant). Je ne connaissais presque rien de cette drogue, pour moi c’était quelque chose de nouveau à essayer. Tout de suite après en avoir inhalé, j’ai eu un gros sentiment que tout était meilleur, que tout était plus beau, le sexe était hot. C’était comme une illumination.  Ce sentiment n’a pas duré. Mon partenaire devenait paranoïaque. Il m’accusait de choses; moi, je ne comprenais rien. Il m’a ensuite demandé de partir. J’étais confus et surtout, j’étais dégouté de ce que j’avais fait. Je ne voulais pas revivre une telle expérience, mais d’autres occasions avec d’autres gars sur les réseaux et applications (Scruff, BBRT, etc.) se sont présentées et j’ai repris du crystal meth. Ça restait plaisant, mais le aftermath (débuzz) était désagréable.

 

 

Quand ça commence à déraper

 

 

Le moment où j’ai pris conscience qu’il y avait un problème avec ma consommation et mes pratiques sexuelles, c’est lorsque j’ai commencé à m’injecter du crystal meth en février 2016, plutôt que de le fumer. Mon constat : c’était désormais très physique comme dépendance. Tout s’est enchainé rapidement, j’étais en chute libre. Je me suis retrouvé à quelques reprises dans des situations de sex party. À la fois, angoissé et niant la réalité, je me faisais dépister régulièrement pour les ITSS à ma clinique. Tout allait mal. Je blâmais les autres plutôt que d’assumer la vérité sur ma consommation.

 

J’avais de la difficulté à fonctionner. J’étais impatient et mes humeurs changeaient drastiquement. J’étais susceptible et paranoïaque, mais, sur le coup, je ne faisais pas le lien avec le crystal. Plus les semaines passaient, plus un sentiment de lourdeur s’installait en moi.  Vivre était difficile, juste exister était difficile. À ce moment, j’ai failli perdre beaucoup de choses importantes pour moi

 

 

Gabriel (crédits: Yannick Fornacciari)

Gabriel 2

 

Quand tu reprends le contrôle

 

 

À la fin de l’été 2016,  j’ai atteint le fond du baril: j’ai été hospitalisé en raison de ma consommation.

L’hôpital, la prison ou la morgue, cela résonnait dans ma tête. Sur ma civière à mon entrée à l’Urgence, je me souvenais de ce que j’avais entendu dans un groupe de discussion,  je me projetais dans le futur; je ne voulais pas être cette personne; j’avais peur. C’est sur mon lit d’hôpital que j’ai décidé que c’était terminé. Je devais cesser de consommer du crystal et je devais prendre les moyens pour y arriver. Je vivais de la honte, je m’en voulais pour tout ça; j’ai dû admettre ma dépendance. Un lien direct s’entretenait entre ma consommation d’alcool (que je banalisais aussi), de crystal meth et mes pratiques sexuelles de PNP sur les réseaux de rencontre. En sortant de l’hôpital, j’ai suivi un programme-jeunesse du Centre Dollard-Cormier. J’ai commencé à me pardonner et à me réconcilier avec moi-même. J’ai eu la chance d’avoir un support familial et amical assez fort pour m’aider à travers tout ça. Comme mon père a vécu des problèmes de consommation dans le passé, j’ai pu en parler ouvertement avec lui sans me faire juger. Ça m’a fait du bien.

 

 

Sobriété et symbolisme derrière SØRRY MØM

 

 

J’avais une frustration en moi. J’étais certain de ne pas être le seul dans cette situation. J’avais l’impression qu’avant d’entrer dans le cercle vicieux de la consommation ne pas avoir assez vu, entendu parler ou même d’avoir été informé de ce que pouvait causer le crystal et le PNP sur ma vie. C’est comme ça que ma collection SØRRY MØM a vu le jour. En m’inspirant du processus de sobriété, j’ai nommé ma collection : SØRRY MØM. Ce nom est un clin d’oeil à ma mère, qui lorsqu’elle cherchait un nom à me donner, s’est référé à la numérologie. Selon les principes de la numérologie, elle cherchait un nom sans zéro, car un zéro représente un manque, quelque chose à combler. J’ai opté pour des zéros dans le nom de ma collection pour illustrer ce manque. SØRRY MØM représente mon cheminement à comprendre ce manque et de l’accepter.

 

 

Kaeten (Maven Models) portant le t-shirt SØRRY MØM crédits: Yannick Fornacciari)

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Le message de Gabriel

 

 

Après ses sept mois de sobriété, Gabriel a décidé de faire une campagne de sensibilisation à la consommation de crystal meth. Avec la diffusion de sa ligne de t-shirt SØRRY MØM, il souhaite engager la conversation et nous rappeler qu’il est important d’accepter, de porter, de transformer nos expériences qui peuvent sembler négatives en quelque chose de meilleur, d’enrichissant, de plus grand.

 

 

 

 

 

Tu peux voir ici une capsule vidéo avec Gabriel et réalisée par Vice Québec. Clique sur l’image.

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Tu peux acheter un tshirt SORRY MOM en cliquant ici. Une partie des profits seront versés à RÉZO.

 

 

 

Entrevue et rédaction : Alexandre Dumont Blais, RÉZO

Édition : Mathieu Marleau

 

 

Ressources sur la consommation

 

 

Si tu as besoin de parler de ta consommation et\ou de ta sexualité, tu peux entrer en contact avec une personne de notre équipe d’intervention au 514 521 7778, poste 226 ou par courriel (info@rezosante.org) ou nous écrire sur notre page Facebook.

 

Tu peux également consulter notre brochure Alcool, drogues et milieu gai et notre site MONBUZZ.ca pour faire un bilan personnalisé sur ta consommation dans un contexte de sexualité et recevoir de l’intervention en ligne.



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