Le vendredi 29 septembre 2017

Surdoses de fentanyl : comprendre et agir

 

Comme tu l’as probablement observé dans les médias à quelques reprises dans les dernières semaines, Montréal a dû se résigner au fait que la vague des surdoses qui avait commencé à Vancouver et qui a par la suite balayé le pays d’ouest en est, n’a pas pu être évitée. En août dernier, on estime que plus d’une dizaine de personnes sont décédées de surdoses par l’empoisonnement au fentanyl. À titre comparatif, à Vancouver, ce sont plus d’une centaine de personnes par mois qui décèdent de surdoses liées au fentanyl.

 

En concertation avec la Direction régionale de santé publique et plusieurs partenaires communautaires, les équipes d’intervention de RÉZO travaillent fort à combattre cette crise et à mieux outiller les personnes pour éviter le pire. Comment peux-tu y contribuer ? En étant informé.es et prêt.es. Voici, en rafale, quelques points d’information qui pourraient vous être utiles.

 

Le fentanyl, c’est quoi ?

Le fentanyl est un opiacé synthétique qui peut être jusqu’à 100 fois plus fort que la morphine – quelques grains (ou quelques grains de sel) peuvent causer la mort chez un adulte de taille moyenne. Il est possible d’en produire de façon illicite. Le fentanyl est de plus en plus mélangé (intentionnellement ou non) dans la production d’autres substances, comme la cocaïne, l’héroïne, la MDMA, le speed, l’ecstasy, le crystal meth, etc. Ainsi, il est possible de consommer du fentanyl sans le savoir. Le fentanyl est l’acteur principal dans la crise des surdoses actuelle.

 

La naloxone, c’est quoi ?

Un autre mot qu’on lit partout ces jours-ci, la naloxone est une sorte d’antidote temporaire aux surdoses d’opiacés (comme le fentanyl). Lorsqu’on l’injecte ou lorsqu’on la fait inhaler par une personne en surdose, la naloxone renverse le processus de surdose et cette personne se réveillera temporairement, lui donnant assez de temps pour se diriger vers l’hôpital le plus proche. La bonne nouvelle, c’est que si tu l’administres « par erreur » (disons que la personne est en coma éthylique et non en surdose d’opiacés), la naloxone n’aura aucun effet négatif. Les travailleurs.euses de rue de RÉZO ont toujours leur trousse de naloxone dans leur sac. Si tu cherches à recevoir les informations afin d’avoir ta trousse et la formation, contacte-nous au 514-521-7778, poste 224.

 

Mise à jour (11-2017) : La naloxone est désormais gratuite et disponible sur demande dans toutes les pharmacies du Québec.


Une surdose, c’est quoi ?

Une surdose, c’est lorsqu’on s’administre une dose trop grande d’une substance, que ça soit accidentel ou intentionnel. La surdose dépend toujours de la substance consommée, et de la personne qui la consomme. Nos seuils de tolérance sont tous différents. Dans le cas du fentanyl, certain.es professionnel.les croient que le terme « surdose » est mal choisi, et qu’on devrait plutôt parler d’empoisonnement au fentanyl, étant donné que les personnes consommatrices de drogues n’ont jamais voulu consommer de fentanyl dans la très grande majorité des cas. L’idée d’empoisonnement viendrait diminuer la stigmatisation des personnes consommatrices en les positionnant comme victimes réelles de la crise.

 

Quels sont les signes d’une surdose?

Encore une fois, la surdose dépend de la substance. Si on parle d’une surdose de stimulants, ton pouls et ta respiration peuvent vraiment s’accélérer, ta température peut monter en flèche, tu peux avoir mal à la tête ou avoir une pression au cœur, avoir des tremblements incontrôlables ou être complètement crispé (surtout de la mâchoire).

 

Pour ce qui est des surdoses d’opiacés comme le fentanyl, on reconnaît les surdoses à ces quelques signes :

 

  • La personne ne se réveille pas, même en claquant des mains ou en lui frottant le sternum (milieu de la poitrine);
  • Elle respire très peu;
  • Ses lèvres et ses ongles deviennent bleutés;
  • Sa peau se refroidit;
  • Finalement, ses pupilles se contractent et deviennent très petites.

En cas de surdose, qu’est-ce qu’on fait?

Premièrement, appelle le 911 et informe l’opérateur.trice des substances que la personne a consommé, si tu les connais. Si tu as une trousse de naloxone, administre-en. Si la personne fait un arrêt cardio-respiratoire et que t’es formé.e pour le RCR, fais-le en attendant. Surtout, reste calme et explique la situation aux personnes ambulancières quand elles arrivent. Si tu n’as pas de naloxone, elles devraient en avoir. Si tu es réticent.e à appeler le 911 pour toutes raisons, il est préférable d’appeler du secours et de quitter au besoin.

 

Quelques trucs de prévention

  • Même si tu achètes toujours du même vendeur, teste toujours ta substance. Commence par une petite dose, vois si les effets sont les mêmes que d’habitude, puis continue. C’est encore plus important si tu as un nouveau vendeur, ou si tu n’as pas consommé depuis un bout, parce que ta tolérance va être plus faible.
  • Ne consomme pas seul. Si tu dois consommer seul, assure-toi que quelqu’un sait où tu es car cette personne pourrait te téléphoner pour savoir si tu vas bien Si vous consommez en groupe, essayez de ne pas consommer en même temps.
  • Fais attention aux mélanges des substances et à tes médicaments de prescription, si tu en as, car ils  peuvent mal réagir avec d’autres substances.

 

En conclusion, des surdoses peuvent survenir dans différents endroits et auprès d’une multitude de consommateurs, qu’ils soient réguliers, occasionnels ou récréatifs. Toutes nos communautés sont composées partiellement de personnes consommatrices de drogues – tes ami.es, tes collègues, tes partenaires sont peut-être des consommateurs.trices occasionnel.les. Le minimum, pour les soutenir, c’est le non-jugement et le respect du choix de chacun.e. Mettre fin à la stigmatisation vécue par les personnes consommatrices de drogues, c’est une étape nécessaire pour mettre fin à la crise de santé publique actuelle.

 

L’équipe d’intervention de RÉZO



Retour à la liste des nouvelles


Une question ?


Faire un don

Rezo santé - Chatter avec RÉZO!

Voxpop



Connais-tu la PrEP (ou prophylaxie préexposition)?








Suis-nous

Infolettre