Violence conjugale chez les gais: des statistiques alarmantes

Homicides chez les hommes gais lors de situations de violence conjugale : des statistiques alarmantes

En décembre dernier dans une série de deux articles publié par le journal Rue Frontenac, on rapportait des données préoccupantes sur les homicides ayant eu lieu à Montréal en 2010. En effet, le journaliste Daniel Renaud annonçait dans son premier article (9 décembre 2010) : « Cinq gais parmi les 35 victimes de meurtres de 2010 » et, dans un second daté du 29 décembre 2010, le journaliste faisait mention que 4 des 5 meurtres d’hommes gais étaient reliés à des cas de violence conjugale ayant conduit au meurtre. Au total pour l’année 2010, 11 homicides étaient associés à la violence conjugale. Il est donc alarmant de constater que sur ces 11 meurtres liés à la violence conjugale, 4 cas se sont produits au sein des couples de même sexe, ce nombre représente donc plus de 35% de l’ensemble des meurtres ayant pour eu pour motif la violence conjugale.

 

Prévalence de la violence conjugale chez les hommes gais au Canada

Selon Statistique Canada, 15 % des gais et lesbiennes et 28 % des bisexuels, ont déclaré avoir été victimes de violence conjugale au cours de l’année 2004 par rapport à 7 % des hétérosexuels. Toujours selon statistique Canada, pour cette même année, seulement 4 % des gais et lesbiennes ayant vécus de la violence conjugale avait demandé de l’aide. De son coté, le Service d’aide aux conjoints au Québec fait mention dans son rapport annuel 2009-2010 que sur les 201 dossiers de violence conjugale traités, 5% concernaient des conjoints issus de couples de même sexe.

 

Toutes ses données statistiques en plus du nombre d’homicides pour l’année 2010 pourraient être que la pointe de l’iceberg. Il est donc important et urgent d’agir en matière de violence conjugale chez les gais.

 

Facteurs associées à la violence conjugale chez les gais

D’après certaines ressources interrogées par le journal Rue Frontenac (RÉZO, Département de travail social et des sciences sociales de l’Université du Québec en Outaouais, Gai Écoute, Service d’aide aux conjoints), de nombreux facteurs peuvent bien souvent,  être à la source ou favoriser la violence conjugale chez les couples gais :

  • l’isolement social;
  • l’homophobie intériorisée conduisant à l’isolement;
  • le manque de ressources adaptées à la réalité des couples homosexuels surtout pour les victimes, mais aussi pour les acteurs de violence conjugale;
  • la peur de l’outing involontaire ou forcé du conjoint;
  • la difficulté de mettre fin à une relation dysfonctionnelle;
  • la peur de ne pas retrouver un autre partenaire;
  • la peur ou le refus de demander de l’aide par gène ou refus de se percevoir comme victime de violence;
  • la peur du jugement, de ne de pas être pris au sérieux;
  • beaucoup de lacunes existeraient aussi au niveau de la formation des intervenants les amenant à être capable de bien cerner certaines des réalités présentes au sein la communauté gaie (sexologues, psychologues, travailleurs sociaux, médecins, juristes, etc.).

Violence conjugale et santé

Selon certains chercheurs américains, la violence conjugale chez les couples serait considérée comme le troisième problème de santé le plus important chez les gais après le VIH et la consommation abusive d’alcool et de substances psychotropes.

 

Rappelons qu’en 2008 une table de concertation composée de représentants du CSSS Jeanne Mance et de plusieurs organismes communautaires avait été mise en place. Cette table avait pour objectif d’évaluer les besoins des populations LGBT en matière de services et de ressources liées à la problématique de la violence conjugale. Après quelques mois seulement, cette instance avait cessée ses activités. « Considérant les données présentées par le journal Rue Frontenac, il devient urgent que cette table reprenne ses travaux. En effet, les deux articles obligent à nous questionner sur le manque de ressources ou de services adaptés aux réalités homosexuelles.  « Les couples de même sexe ont acquis la reconnaissance et l’égalité sur le plan juridique, toutefois de grands pas restent à faire au niveau de la reconnaissance et de l’égalité sociale. Reconnait-on la légitimité sociale du couple gai au même titre que celle des couples hétérosexuels? Il est grand temps d’offrir aux couples gais les mêmes services d’aide que  notre société offre aux couples hétérosexuels », conclut Robert Rousseau.

 

Références et liens utiles



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