Le chemsex c’est quoi?

Le chemsex, c’est un terme inventé par David Stuart, thérapeute et spécialiste en Angleterre, qui désigne la prise de drogues psychostimulantes dans des contextes sexuels — principalement le GHB, la kétamine, la méphédrone et le crystal meth. Ce qui motive cette pratique, c’est souvent la recherche de plaisir, l’intensification de la connexion avec l’autre, le sentiment d’appartenance et la désinhibition.

Au départ marginal, ce phénomène a lentement gagné en popularité, surtout dans la communauté gaie, où l’utilisation du crystal meth a doublé ces dernières années, selon l’étude Engage. Cette drogue, de plus en plus consommée, est considérée comme l’ennemi numéro un parmi les substances récréatives, à cause de son fort potentiel addictif et de la détresse rapide qu’elle peut provoquer. Certains parlent même d’une « épidémie silencieuse » comparable aux ravages du sida dans les années 90. L’isolement lié aux années de COVID-19 a encore aggravé le problème, fragilisant des personnes déjà affectées par la stigmatisation et la solitude. En plus, le manque d’accès à certaines drogues comme la cocaïne pendant le confinement a poussé plusieurs personnes à se tourner vers des substances plus facilement disponibles, comme le crystal meth.

Si le chemsex n’est pas nouveau, certains risques deviennent de plus en plus préoccupants : le risque accru de contracter une ITSS dans ces contextes de sexualité extrême, la pratique plus courante de l’injection ou « slam » chez des personnes souvent peu expérimentées et donc moins préparées pour une utilisation sécurisée, la hausse des overdoses accidentelles, parfois mortelles, et l’augmentation du nombre de personnes qui consomment du crystal meth, une des drogues les plus puissantes et destructrices sur de nombreux aspects de la vie.

Alors que certaines personnes choisissent volontairement de consommer ces drogues dans le cadre du chemsex, d’autres racontent avoir été exposées à ces substances par accident, croyant, par exemple, qu’un joint contenait du cannabis ou qu’une ligne de poudre était de la cocaïne, alors qu’il s’agissait en réalité de crystal meth.

Sur les applications de rencontre, tu remarqueras que les utilisateurs utilisent souvent des codes pour se reconnaître entre eux : « chill », « long session », « P.N.P » pour « Party and Play », « H&H » pour « High et Horny », ou encore l’émoticône de cochon 🐷. Certains profils affichent aussi une couleur rouge, qui renvoie à l’éclairage coloré souvent utilisé lors des soirées chemsex.

Si tu as déjà fait des soirées chemsex, tu as sûrement remarqué que ces soirées se déroulent surtout dans des maisons privées, pour des sex parties, ou parfois dans des saunas. Les personnes qui participent mélangent les substances et peuvent cumuler plusieurs partenaires, souvent sans protection autre que la PreP (qui, on le rappelle, protège seulement contre le VIH). Les effets des drogues sont si puissants que les sessions peuvent durer des heures, voire des jours, sans que tu ressentes le besoin de dormir ou de manger. Ces substances intensifient les sensations corporelles et, avec la désinhibition et la désensibilisation à la douleur, favorisent l’exploration de pratiques sexuelles plus extrêmes comme le sexe en groupe et le fisting, qui consiste en l’introduction du poing dans le rectum.

Les comportements sexuels liés au chemsex peuvent avoir des conséquences financières et relationnelles, en plus des risques pour ta santé physique (comme la malnutrition, le manque de sommeil, et les effets des produits chimiques souvent très impurs sur ton corps). Ils peuvent aussi impacter ta santé mentale, car les périodes de « high » sont souvent suivies de dépressions intenses, poussant certains à consommer de nouveau pour échapper à cette « descente ».

Regardons de plus près les bénéfices et les inconvénients de cette pratique, pour mieux les comprendre.

Bénéfices

Le chemsex peut apporter certains bénéfices qui expliquent pourquoi tu pourrais être tenté de continuer, ou pourquoi tu continues de consommer, même face aux aspects plus négatifs qu’on verra plus loin.

Sentiment de connexion et d’intimité :
Les études montrent que le chemsex facilite les rencontres et intensifie les relations. Il fait tomber des barrières comme l’âge, l’apparence physique, le statut socio-économique ou le statut sérologique, ce qui crée un sentiment de connexion et d’intimité plus profond. Cependant, certains experts disent que cette intimité est souvent artificielle et éphémère, et qu’elle ne peut être retrouvée que sous l’effet des drogues.

Sentiment d’appartenance :
Beaucoup de personnes dans la communauté LGBTQ+ ressentent de la solitude et de l’isolement. C’est souvent une des motivations premières pour commencer le chemsex. Le cadre de promiscuité et les effets des drogues facilitent les connexions. Avec le temps, tu peux te sentir intégré à une nouvelle communauté, ce qui apaise le sentiment d’isolement et encourage la consommation, car tu vois surtout les côtés positifs de cette communauté au début.

Plaisir et performances physiques :
Les drogues amplifient considérablement le plaisir sexuel, l’excitation, les sensations physiques et l’orgasme. Tu pourrais vivre des sensations inédites qui seront difficiles à retrouver sans substances, ce qui rendra la sexualité sobre bien moins stimulante. De plus, la fatigue est effacée, la douleur est atténuée, et cela te permet de pratiquer des activités plus intenses, comme les gangbangs ou le fistfucking, pendant plusieurs heures d’affilée.

Désinhibition :
Dans la communauté gaie, on valorise souvent depuis des années un corps masculin mince et musclé. Si tu ne correspond pas à ce standard, tu peux te sentir moins désirable. Certaines drogues peuvent alors agir sur ton estime de toi, te faisant même te sentir invincible. Elles diminuent tes complexes et facilitent tes interactions avec d’autres hommes. Certains consommateurs parlent d’un effet qui leur permet d’approcher des partenaires qu’ils n’oseraient jamais aborder en temps normal.

Inconvénients

On a vu les bénéfices du chemsex, mais il y a aussi des aspects négatifs qui peuvent sérieusement impacter ta vie.

Amis :
Le chemsex peut te pousser à limiter tes activités uniquement aux sessions de consommation dans des contextes sexuels, car tu risques de perdre l’intérêt pour d’autres loisirs qui te paraîtront moins intenses. Petit à petit, tes amis « classiques » pourraient être remplacés par des personnes également impliquées dans cette pratique, ce qui rendra plus difficile une éventuelle envie de freiner ou d’arrêter, car tes relations seront centrées autour de la consommation.

Famille :
Cet isolement peut aussi te conduire à voir de moins en moins ta famille, soit par honte ou à cause des changements physiques que tes proches pourraient remarquer (maigreur, nervosité, cernes, problèmes dentaires). Pour ceux qui consomment des substances comme le crystal meth, l’intensité de l’addiction complique le sevrage, rendant les rencontres familiales difficiles à gérer.

Finances :
En plus d’être coûteux, le chemsex peut te pousser à négliger des aspects importants de ta vie, notamment le travail. Cela peut conduire à une baisse de performance, des absences répétées et, dans certains cas, jusqu’au licenciement. La perte de revenus peut entraîner des difficultés financières graves, comme des dettes ou même la perte de ton logement.

Santé physique et mentale :
Les longues sessions de chemsex, sans sommeil ni alimentation, épuisent le corps. Les mélanges de substances et leur répétition impactent directement ta santé physique. Au niveau mental, ces substances psychoactives provoquent souvent des états dépressifs importants après la descente, que tu peux ressentir comme un « down » intense, ce qui te pousse parfois à consommer de nouveau pour sortir de cet état. Le risque de contracter des ITSS est également plus élevé, en raison de la prise de risque accrue sous l’effet des drogues et du nombre élevé de partenaires, les effets immédiats masquant souvent les conséquences de long terme, parfois à travers un mécanisme de déni.

Détails sur les drogues

Selon CATIE, la source canadienne de renseignement sur le VIH et l’hépatite C, les drogues qui sont majoritairement utilisées lors du chemsex sont les suivantes :

  • Crystal meth

    Autres noms : Tina, Ice, Meth, Glass, Tweak

    Selon l’INSPQ, les amphétamines et les méthamphétamines appartiennent à la même famille de drogues, mais les méthamphétamines sont deux fois plus puissantes. Le crystal meth est la forme la plus pure de méthamphétamine, disponible en cristaux, capsules, comprimés ou poudre.

    Le crystal meth agit sur ton cerveau de trois manières principales, affectant la sérotonine, la dopamine et la noradrénaline. Ces effets influencent donc ton désir sexuel, ton plaisir et ta prise de risque. C’est l’un des psychostimulants les plus puissants, et il procure des effets recherchés comme un boost de confiance, de l’euphorie, une vigilance accrue, une libido augmentée, ainsi qu’une baisse des inhibitions et de la fatigue. Mais au-delà de ces effets immédiats, il y a des conséquences physiques et psychologiques graves, notamment un fort potentiel de dépendance.

    En ce qui concerne la santé sexuelle et les ITSS, les consommateurs de crystal meth sont souvent plus enclins à prendre des risques (plus de partenaires sexuels, moins de protection, variation des pratiques sexuelles,etc.), ce qui peut augmenter les risques de transmission ou d’acquisition d’ITSS.

    Si tu choisis de consommer du crystal meth, voici quelques conseils pour réduire les risques de surdose ou d’effets néfastes sur ta santé :

    • Mange quelque chose de léger, comme des fruits, avant ton trip, et bois de l’eau fraîche régulièrement, surtout entre les consommations d’alcool !
    • Vérifie la qualité à l’œil nu : ta meth devrait être blanche ou transparente. Évite les couleurs, qui indiquent souvent une mauvaise qualité. Privilégie la forme de cristaux, car la poudre est plus facilement coupée avec d’autres substances.
    • Essaie d’éviter les mélanges, surtout avec d’autres stimulants, ça pourrait être dur sur ton cœur.
    • Le crystal meth déshydrate fortement, alors surveille les signes de déshydratation : urine foncée, peau qui gratte, yeux et bouche sèches.
    • Si tu la prends par le nez, utilise tes propres pailles et tu peux prévenir de l’irritation en inhalant de l’eau salée ou une solution saline après chaque utilisation de la Tina par cette voie.
    • Si tu t’injectes, utilise des lingettes désinfectantes, des seringues et un coton neuf. Surtout, ne partage pas ton matériel, pour ne pas transmettre ou attraper une ITSS.
    • Si tu fumes la Tina, utilise une pipe de verre faite pour cet usage, puisque les objets de verre du quotidien comme une bouteille ou une ampoule peuvent exploser et causer des blessures graves. Mets une petite quantité de la substance et chauffe doucement, sachant qu’une surchauffe peut causer une overdose et même des brûlures.
  • GHB

    Autres noms : G, Juice, Liquid E, Jus

    Le GHB, ou gamma-hydroxybutyrate, est un dépresseur du système nerveux central. Il se présente sous forme de liquide incolore et inodore (dans de petites fioles), de poudre blanche, de capsule ou de granulés à dissoudre dans de l’eau.

    D’après CATIE, le GHB (connu aussi sous les noms G ou Gina) et le GBL (gamma-butyrolactone) se consomment en très faibles doses diluées dans de l’eau ou des boissons gazeuses. On prend généralement des doses de GHB ou de GBL toutes les deux heures, selon leur puissance. Leurs effets incluent l’euphorie, une diminution des inhibitions et une augmentation de la pulsion sexuelle. Certains hommes rapportent des érections plus dures et des orgasmes plus intenses sous GHB, qui relaxe et rend aussi les relations anales réceptives plus faciles ou plus agréables.

    Selon Toxquébec, les effets du GHB augmentent progressivement selon la dose : diminution de l’anxiété ➞ relaxation musculaire ➞ désinhibition ➞ euphorie ➞ sédation ➞ somnolence ➞ incoordination des mouvements ➞ hypnose ➞ inconscience ➞ anesthésie générale ➞ coma ➞ mort.

    On surnomme parfois le GHB la « drogue du viol » car elle peut altérer la capacité de dire non ou de poser des limites, même si la personne est initialement consentante.

    Si tu choisis d’utiliser du GHB, voici quelques conseils pour réduire les risques de surdose ou d’effets néfastes sur ta santé :

    • Évite de le consommer avec de l’alcool car les 2 effets sont multipliés et tu as plus de chance de perdre connaissance.
    • Teste d’abord le GHB en très petite quantité (>0,5ml/1,5ml) pour réduire les risques de surdose mortelle, en raison du risque élevé de contamination des drogues illégales au Canada.
    • Utilise la plus faible dose possible et attends au moins 4 heures avant de reprendre une dose. Informe-toi sur les dosages plus sécuritaires, surtout si tu en prends occasionnellement.
    • Ne bois jamais directement à la bouteille et n’accepte pas de GHB préparé par quelqu’un d’autre. Garde toujours ta boisson sous surveillance.
    • Évite absolument de mélanger GHB et alcool (risque élevé de surdose). Utilise plutôt de l’eau, des boissons gazeuses ou du jus.
    • Évite de consommer du GHB avec d’autres médicaments.
    • Comme tu peux rapidement perdre conscience, assure-toi d’avoir une personne sobre ou une personne qui n’utilise pas de GHB près de toi pour t’aider en cas d’urgence.
    • Utilise du GHB avec des personnes de confiance, dans un environnement sûr.
    • GHB augmente la libido et réduit les inhibitions, alors pense à tes stratégies pour prévenir le VIH et les ITSS.

    *Les effets du GHB varient d’une personne à l’autre. Une dose euphorique pour quelqu’un peut être sédative pour une autre personne. Le risque de surdose est élevé, car une petite variation dans la dose peut avoir de gros effets. Si tu as utilisé trop de GHB ou si un.e ami.e est dans cette situation, cherche de l’aide médicale et contacte les services d’urgence. Ne présume jamais que « ça passera en dormant ».

  • Kétamine

    Autres noms : K, Spécial K, Ké, Vitamine K

    La kétamine est un anesthésique que tu peux sniffer, injecté dans un muscle, avalé ou fumé avec du tabac ou du cannabis. Les effets durent entre 40 et 90 minutes après inhalation, et jusqu’à trois heures après ingestion ou injection. La fréquence des doses dépend de la manière dont tu la consommes.

    La kétamine engourdit la douleur physique. À faible dose, elle peut légèrement augmenter ton énergie. À dose modérée, elle induit des sensations de relaxation ou de dissociation avec ton corps. À haute dose, elle entraîne des épisodes psychédéliques (K-Hole) et des hallucinations. La kétamine augmente le désir sexuel, mais peut rendre le maintien d’une érection plus difficile. Elle aide aussi à relaxer l’anus, ce qui, combiné à son effet engourdissant, facilite les pratiques sexuelles plus brutales, comme le fisting.

    Si tu choisis de consommer de la kétamine, voici quelques conseils pour réduire les risques de surdose ou d’effets néfastes sur ta santé :

    • L’usage de kétamine nécessite un lieu rassurant, avec des personnes de confiance autour de toi. Idéalement, il devrait y avoir au moins une personne qui ne consomme pas, pour assurer ta sécurité.
    • Fais très attention au dosage : commence par de toutes petites quantités. La dose qu’un usager expérimenté peut consommer est souvent bien plus élevée que celle d’un débutant, car la tolérance augmente rapidement.
    • Évite de manger juste avant de consommer, car cela peut accroître le risque de vomissements.
    • Si tu sniffes, ne partage pas ta paille avec d’autres pour réduire le risque de contracter des virus comme le VHC.
    • Si tu injectes la kétamine, ne partage jamais ta seringue pour éviter la contamination par le VIH ou le VHC.
    • Limite tes mouvements pour éviter les blessures et les accidents, car sous kétamine, tu ne ressens pas la douleur. Attention aux blessures, aux brûlures, etc.
    • Si tu prends une forte dose, il est souvent difficile, voire impossible, de te lever. Assure-toi d’être bien installé avant de consommer.
  • Autres drogues

    Il arrive que les adeptes du chemsex utilisent aussi d’autres substances comme les poppers, la cocaïne, l’ecstasy, le cannabis ou l’alcool, avant, pendant ou après une séance de chemsex. Certains hommes prennent des médicaments contre la dysfonction érectile, comme le Viagra, pour contrer les effets du crystal meth ou de la kétamine, qui peuvent rendre difficile d’avoir ou de maintenir une érection.

    Ainsi, mélanger différentes drogues peut être dangereux, car cela augmente les risques d’interactions et de surdoses. Par exemple, combiner des poppers avec du Viagra peut causer une chute de tension artérielle, entraînant des évanouissements, un AVC, voire une crise cardiaque.

    Si tu veux plus d’informations sur les interactions entre les substances, tu peux consulter ce tableau produit par TripsIt.

  • Consommer à moindre risque

    Dans cet onglet, on te propose des conseils afin que tu puisses fumer, sniffer et t’injecter de façon sécuritaire.

    Lorsque tu fumes du crystal
    Préparation de la pipe

    Après t’être lavé les mains ou les avoir désinfectées avec des tampons d’alcool, met le crystal dans la pipe, fixe l’embout et réchauffe doucement le récipient, sans que la flamme touche le verre. Lorsque de la vapeur apparaît, inhale lentement et expire immédiatement pour ne pas te brûler, sachant que de retenir la fumée ne fera pas augmenter les effets de la substance. Change de pipe si elle devient craquelée, au risque de te blesser.

    Conseils :

    • Consomme dans un endroit sécuritaire, avec des personnes que tu connais et en qui tu peux avoir confiance. Tu peux aussi demander à d’autres personnes de te contacter pour voir si tout va bien.
    • Évite les mélanges de substances et commence avec une petite quantité, puisque le crystal pourrait être plus fort que prévu.
    • Essaie de connaître la provenance de la substance et prépare-toi même tes doses, que tu peux séparer en petites quantités.
    • Lave tes mains souvent, puisque le crystal est très irritant.
    • Fais des pauses, mange et bois le plus souvent possible, tout en évitant le café, le thé et les boissons énergétiques. De plus, avoir une bouche bien hydratée permet de diminuer les risques de crevasses et les cloques dans la bouche. Tu peux aussi mâcher de la gomme pour activer la production de salive.
    • Brosse tes dents et/ou utilise un rince-bouche pour protéger tes dents.
    • Utilise tes propres embouts pour éviter les risques d’infection.

    Lorsque tu sniffes
    Quand tu sniffes, voici les risques auxquels tu t’exposes:

    • Saignement de vaisseaux sanguins dans le nez
    • Une infection des sinus
    • Des lésions de la cloison nasale
    • Une transmission de maladies respiratoires (toux, rhume)
    • Infection d’ITSS (Hépatites B et C)
    • Une surdose et/ou intoxication(s)

    Utilise ton propre matériel, ne le partage pas. Idéalement, tu devrais avoir ce matériel pour sniffer : tampons d’alcool, paille ou tige droite, eau stérile pour rincer le nez après avoir sniffé), papier d’aluminium comme surface sécuritaire sur laquelle mettre la drogue.

    Voici des conseils pour sniffer sécuritairement :

    • Lave tes mains et la surface avec eau et savon ou du désinfectant.
    • Écrase la drogue le plus finement possible.
    • Mets la poudre en une ligne mince sur une surface nettoyée ou du papier d’aluminium, à l’aide d’un carton ou de plastique comme une carte bancaire, lavée avant de se faire.
    • Insère la paille dans le nez, inspire par le nez et expire par la bouche.
    • Rince l’intérieur du nez en sniffant quelques gouttes d’eau stérile.
    • Marque tes pailles avec un marqueur permanent, du ruban, un élastique ou tout autre chose pour les démarquer des autres.
    • Évite de sniffer avec des billets de banque ou autres articles qui pourraient contenir des germes divers. Alterne entre les deux narines.
    • Assure-toi d’avoir une trousse de Naloxone à portée de main, ça pourrait sauver une vie.

    Lorsque tu t’injectes
    Quand tu t’injectes des drogues, voici les risques auxquels tu t’exposes :

    • Des lésions aux veines
    • ITSS (Hépatite C, VIH, etc)
    • D’autres infections du sang, de la peau, du cœur
    • Une surdose ou intoxication

    Voici des conseils pour t’injecter sécuritairement :
    Matériel à avoir pour s’injecter
    Tampons d’alcool, stéricup stérile, eau stérile, seringue et aiguille stérile, garrot, briquet, filtre stérile, tampon pour après l’injection

    Conseils pour s’injecter :

    • Lave tes mains avec de l’eau et du savon ou un désinfectant.
    • Met ta drogue dans un stéricup stérile.
    • Écrase bien les cristaux.
    • Ajoute de l’eau stérile.
    • Dissous le mélange avec le piston d’une nouvelle seringue.
    • Tiens un briquet sous le stéricup jusqu’à ébullition.
    • Laisse refroidir le mélange.
    • Laisse tomber un nouveau filtre dans le stéricup.
    • Insère une nouvelle aiguille dans l’extrémité plate du filtre.
    • Aspire le liquide dans la seringue en tirant le piston, éliminant les bulles d’air en tapotant doucement la seringue, aiguille vers le haut, tout en appuyant lentement sur le piston pour expulser l’air.

    Lorsque ta dose est prête :

    • Trouve la veine en sachant que certaines veines sont meilleures, comme celles des avant-bras.
    • Évite de choisir les veines près des cuisses, du cou, du visage, des poignets, de l’aine.
    • Mets ton garrot à 4 doigts de distance de l’injection.
    • Nettoie ta peau avec un tampon stérile puis laisse sécher.
    • Insère ton aiguille doucement, dans le sens de la circulation du sang qui retourne vers le cœur.
    • Fait une tirette pour être certain d’être dans une veine : tire le piston jusqu’à ce que du sang apparaisse.
    • Une fois l’aiguille dans la veine, défais ton garrot avant d’appuyer sur le piston.
    • Appuie sur le piston lentement.
    • Après l’injection, retire l’aiguille lentement.
    • Maintiens un tampon ou un mouchoir sur le site de l’injection pendant 30 secondes.
    • Finalement, change souvent de site d’injection pour permettre la guérison.
  • La trajectoire typique du chemsex

    On te présente une trajectoire typique de quelqu’un qui commence le chemsex. Bien sûr, il ne s’agit pas d’un parcours universel : chaque personne est unique, et les parcours sont multiples. Mais ce récit donne une idée de certaines étapes et expériences qui peuvent apparaître dans ce contexte. En effet, certaines recherches récentes définissent la trajectoire classique des utilisateurs du chemsex en six étapes.

    Étape 1
    Tout commence par un sentiment de solitude et de vide, causé par divers facteurs : événements négatifs passés, mauvaises expériences au moment de dévoiler son orientation sexuelle, liens familiaux affaiblis, faible estime de soi, image corporelle négative, problèmes de santé mentale, et les effets d’une vie dominée par les technologies plutôt que par des contacts physiques réels.

    Étape 2
    Quand les gens se sentent seuls et isolés, ils cherchent des connexions, que ce soit avec leurs amis, leur famille, ou leur communauté, en personne ou virtuellement, notamment sur les réseaux sociaux. Certains répondent à ce besoin de connexion en multipliant les partenaires sexuels, un phénomène courant chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HARSAH). Avec les applications de rencontres GPS comme Grindr, Scruff et Hornet, les rencontres sexuelles sont devenues très accessibles et même normalisées ; il n’est pas rare que certains utilisateurs aient plusieurs partenaires en une journée.

    Étape 3
    Les liens sexuels ne suffisent pas toujours à combler le vide ressenti. C’est là que l’usage de drogues entre en jeu.

    Étape 4
    Dans la communauté gaie, entre autres, la pratique du chemsex devient de plus en plus courante et normalisée, renforçant ainsi le lien entre sexe et drogue. Les utilisateurs de chemsex sont souvent attirés par l’amélioration du plaisir sexuel et des performances, ainsi que par la connexion émotionnelle et sexuelle plus rapide que permettent les drogues, ce qui est particulièrement attrayant pour ceux qui se sentent isolés. Les drogues réduisent aussi les inhibitions liées à l’image corporelle, à l’âge ou au statut socio-économique, encourageant les utilisateurs à explorer des relations sexuelles en dehors de leur zone de confort et à ressentir un sentiment d’appartenance à la communauté.

    Étape 5
    Le « high » intense et les plaisirs intenses procurés par ces substances peuvent vite devenir addictifs. La consommation s’intensifie en quantité et en fréquence, parfois jusqu’à une perte de contrôle totale, comme cela peut arriver avec le crystal meth. Les conséquences d’un chemsex problématique sont nombreuses : dégradations de la santé physique et mentale, impacts sur le travail, les amitiés, la famille, etc. Pour l’utilisateur qui commence à ressentir de plus en plus d’effets négatifs, le chemsex devient la seule source d’expériences positives, rendant le sevrage encore plus difficile. Ce sentiment de perte de contrôle peut générer un grand désespoir, allant jusqu’à une indifférence aux conséquences.

    Étape 6
    Enfin, le chemsex problématique peut avoir de graves impacts sur la santé. Ce mode de vie est éprouvant pour le corps : longues sessions sexuelles sans sommeil, accumulation de drogues et mélanges dangereux. Une fois dissipés, les effets des substances psychoactives plongent souvent les utilisateurs dans un état dépressif intense, un « down » aussi difficile à vivre que le « high » était agréable, les poussant souvent à reprendre des drogues pour éviter ces moments pénibles. Le risque d’ITSS augmente aussi considérablement, en raison du nombre de partenaires et des risques accrus sous l’influence des drogues. De plus, les limites physiques deviennent floues, et les pratiques extrêmes comme les gros jouets et le « fistfucking » peuvent entraîner des blessures graves nécessitant des soins médicaux.

Suis-je dépendant ?

Aimerais-tu faire un test pour voir si ta consommation est problématique? Voici un outil développé par RÉZO qui pourrait t’aider dans ton questionnement. Cet outil est pour les hommes adultes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes. Ici, tu peux faire ton bilan sur ta consommation d’alcool et de drogues et sur les effets possibles sur ta sexualité. Le but est de t’aider et de te permettre de mieux comprendre l’influence que peut avoir ta consommation sur différentes facettes de ta vie.

Si ça t’intéresse, c’est par ici : FAIRE LE TEST

Ressources externes chemsex
Ici, tu trouveras une sélection de ressources spécialisées et reconnues pour accompagner les personnes concernées par la consommation de substances et le chemsex. Ces ressources ne sont pas exhaustives, mais elles peuvent être un bon point de départ pour trouver du soutien et des informations adaptées à tes besoins.

Centres de testing de substances

  • Checkpoint (centre ville) : 514 847-0067 #125
  • Grip: 438-887-8338 (mobile du grip)
  • Spectre de rue (village) (programme testing) : (438) 372-7596
  • Pacte de rue (nord de l’île) mineur et adulte : (438) 490-7716

Centres de consommation supervisé

  • Cactus Mtl : 514-847-0067 centre ville
  • Spectre de rue : (514) 524-5197 village
  • Dopamine : (514) 251-8872 Hochelaga
  • L’anonyme : Téléphone sans frais à bord du SIS mobile : 1 844-381-2455

Pour plus d’information

Pour t’accompagner dans tes pratiques, on te propose de consulter notre guide Alcool, drogues et milieu gai qui te donnera l’information nécessaire pour te permettre de faire des choix éclairés concernant ta consommation. En complément, on propose des suivis individuels ainsi que des ateliers qui pourrait t’intéresser. Si tu as des questions, n’hésite pas à nous contacter !