la prévention des ITSS?
Dans ce cas, tu es à la bonne place! Dans cette section, on te parlera des différents aspects de la prévention soit : les enjeux de risques et de transmissions et les différentes stratégies de prévention qui existent.
Risques et transmission
On ne t’apprendra rien en affirmant que certains risques physiques sont liés à la sexualité. Bien entendu, il s’agit du risque de transmission ou de contraction des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS). Cela dit, bien que la plupart des ITSS traitées causent peu de dommages physiques, ces infections s’accompagnent souvent d’enjeux émotionnels : anxiété liée à l’attente des résultats, peur de dévoiler son diagnostic à son partenaire, insécurité lors des futures relations sexuelles, etc. Les conséquences des ITSS sont donc loin d’être uniquement physiques, ce qui constitue une raison supplémentaire de se protéger.
Tu te poses des questions sur les risques de transmission des ITSS et cela te préoccupe ? Sache que les ITSS peuvent se transmettre facilement lors de relations sexuelles non protégées. Selon les données de l’INSPQ, 50 % des personnes infectées ne présentent aucun symptôme. Cela signifie que tu peux être porteur d’une infection sans le savoir, et risquer de la transmettre à tes partenaires sans t’en rendre compte.
Au niveau des traitements, la plupart des ITSS se soignent facilement… si elles sont dépistées ! Non traitées, elles peuvent cependant entraîner des problèmes de santé et faciliter la transmission du VIH en raison des lésions qu’elles peuvent provoquer, fragilisant ainsi les muqueuses. Pour réduire les risques de transmission, la prévention, le dépistage et la vaccination sont à ta disposition pour freiner la propagation des infections causées par des agents microscopiques invisibles (virus, bactéries, parasites). Par exemple, tu peux te protéger contre la transmission des hépatites A et B en te faisant vacciner ; le vaccin est très efficace, protégeant plus de 99 % des personnes vaccinées. Tu peux également prendre la PrEP, un traitement préventif qui empêche la transmission du VIH.
Les outils de prévention
Heureusement, aujourd’hui, la prévention ne se limite plus seulement au condom. Il existe désormais plus d’une vingtaine d’outils à ta disposition, chacun ayant son propre niveau d’efficacité. Désormais, c’est la prévention qui s’adapte à tes pratiques, et non l’inverse !
Ces outils peuvent être directs ou indirects. Les outils directs incluent des stratégies efficaces pour prévenir la transmission du VIH et des autres ITSS, comme le condom, le dépistage, la PrEP ou la PPE ainsi que des stratégies à efficacité plus faible ou incertaine, comme le séropositionnement. Les outils indirects concernent quant à eux les facteurs externes, tels que l’accès aux services sociaux ou de santé par exemple. Ci-dessous, tu trouveras les différentes stratégies à ta disposition, issues du Projet Mobilise! dont RÉZO est partenaire.
Les stratégies efficaces
Ces stratégies ont été prouvées efficaces pour prévenir la transmission du VIH. Elles peuvent être utilisées seules, mais puisqu’elles ne sont pas infaillibles, il peut être bénéfique de les combiner à d’autres stratégies.
Prendre la PrEP (prophylaxie pré-exposition)
Prendre un traitement antirétroviral (pilules anti-VIH) à tous les jours ou à la demande (avant et après une relation sexuelle) afin de prévenir l’acquisition du VIH chez une personne séronégative.
Utiliser une barrière physique (condom, digue dentaire, gant) et du lubrifiant lors d’un contact sexuel
Utiliser une barrière physique (condom, digue dentaire, gant) lors d’une relation orale, vaginale/frontale ou anale, d’un rimming ou d’un fisting en l’accompagnant d’un lubrifiant approprié.
Adapter mes pratiques sexuelles à la charge virale des partenaires séropositifs impliqués
Adapter les stratégies de prévention normalement mises en place lorsqu’un partenaire séropositif a une charge virale indétectable (moins de 40 copies par millilitre de sang).
Prendre mon traitement antirétroviral (personne séropositive)
Prendre un traitement antirétroviral (pilules anti-VIH) de façon régulière et adéquate dès que possible après un diagnostic du VIH, diminuant ainsi la charge virale.
Prendre la PPE (prophylaxie post-exposition)
Débuter un traitement antirétroviral (pilules anti-VIH) dans les 72 heures suivant une exposition potentielle au VIH afin de prévenir son acquisition chez une personne séronégative.
Combiner ma stratégie biomédicale avec celle de mes partenaires (biomed-matching)
Adapter les stratégies de prévention normalement mises en place lorsque tous les partenaires impliqués utilisent une stratégie biomédicale complémentaire (PrEP et/ou charge virale indétectable par exemple).
Les stratégies à efficacité faible ou incertaine
Ces stratégies présentent une efficacité faible ou encore incertaine, et sont souvent dépendantes d’une diversité de facteurs. Il est recommandé de les combiner avec d’autres stratégies.
Faire du sérotriage
Limiter toutes ou certaines activités sexuelles uniquement aux partenaires qui ont le même statut sérologique que soi.
Faire du séropositionnement
Choisir d’être top ou bottom en fonction de mon statut sérologique et de celui de mon partenaire, en se basant sur la notion que la position de bottom expose à plus de risques que celle du top.
Établir une entente avec mon partenaire régulier (sécurité négociée)
Adapter les stratégies de prévention normalement mises en place suite à un dépistage de chacun des partenaires, accompagné d’une entente sur la sexualité et les stratégies de prévention à mettre en place à l’extérieur de la relation.
Pratiquer le retrait avant l’éjaculation
Retirer le pénis de la bouche, du vagin ou de l’anus avant d’éjaculer.
Adopter des pratiques sexuelles à faible risque
Choisir de pratiquer des activités sexuelles comportant de plus faibles risques de transmission du VIH dans les situations où ce risque est inconnu ou élevé.
Réduire mon nombre de partenaires sexuels
Choisir de limiter son nombre de partenaires sexuels.
Éviter d’avoir des relations sexuelles
Choisir de ne pas avoir de contacts sexuels à court ou long terme quand les conditions pour réduire ses risques ne sont pas optimales.
Les conditions favorables à la santé sexuelle
Modifier ma consommation de substances
Modifier sa consommation de drogues et d’alcool avant ou pendant les relations sexuelles afin d’avoir un meilleur contrôle sur ses stratégies de prévention.
Me faire dépister régulièrement pour le VIH
Effectuer de façon régulière un test sanguin permettant de détecter si une personne est infectée par le VIH.
Me faire dépister régulièrement pour les ITSS
Effectuer de façon régulière un test ou un examen médical permettant de détecter l’infection par une ITSS et d’amorcer le traitement approprié.
Communiquer avec mes partenaires de façon proactive
Discuter avec ses partenaires de son statut sérologique ou des stratégies à mettre en place avant d’entamer un contact sexuel.
Être circoncis
Avoir subi l’ablation du prépuce.
Aviser mes partenaires en cas d’ITSS
Informer ses partenaires sexuels d’une infection par une ITSS ou par le VIH avant un contact sexuel ou à la suite d’un diagnostic.
Utiliser des services sociaux et de santé
Recourir à différents services sociaux, de santé et communautaires afin d’obtenir du soutien pour améliorer sa santé sexuelle.
Militer pour l’amélioration de l’accès aux services
Militer pour améliorer l’accès aux services de santé en termes de transparence, d’acceptabilité, de disponibilité, de coûts et de coordination entre les services.
Militer pour l’amélioration des lois et politiques
Militer pour l’instauration de lois et politiques permettant d’améliorer les conditions qui influencent la vulnérabilité au VIH.
Les stratégies non disponibles au Canada ou en développement
Utiliser l’autotest du VIH
Utiliser un test sanguin ou salivaire auto-administré qui permet de détecter si une personne est infectée par le VIH (non disponible au Canada).
Utiliser les microbicides
Insérer un produit (gel, anneau vaginal) qui contient des médicaments offrant une protection contre le VIH dans le vagin ou le rectum avant une pénétration (toujours en développement).
Me faire vacciner contre le VIH
Recevoir un vaccin pouvant réduire le risque de contracter le VIH (toujours en développement).
Tu souhaites te faire dépister?
Il existe plusieurs cliniques de santé sexuelle qui sont disponibles sur l’île de Montréal. En voici une liste :
- SIDEP+ de la Visitation (la seule clinique disponible sans RAMQ)
- Clinique l’Actuel
- Clinique Médicale Urbaine du Quartier Latin
- Prelib
- Clinique Quorum
- Clinique la Licorne
Pssst… le SIDEP+ offre un service gratuit de clinique de dépistage les mardis et jeudis de 13h30 à 16h30. N’hésite pas à y faire un tour.