Tu te questionnes sur une expérience vécue en lien avec la violence?

Dans cette section, on te parle des différents types de violences, des LGBT-phobies, du consentement entre hommes, et de notre projet / campagne VRAIH.

La violence dans les relations amoureuses et intimes entre deux hommes est un problème social réel entraînant son lot de conséquences néfastes. En effet, Statistique Canada (2019) nous dit que plus de la moitié des cas de violence conjugale déclarés à la police concernant les couples de même sexe provenait de couple d’hommes. Plusieurs facteurs portent cependant à croire que ces données sont une sous-représentation de la réalité. Entre autres, les idées préconçues sur la violence, les stéréotypes de genre et la complexité des situations dans lesquelles peuvent se retrouver les hommes contribuent fortement au fait que les hommes subissant de la violence n’en parlent tout simplement pas. Si tu es dans une relation qui t’amène à te poser des question en lien avec la violence, n’hésite pas à communiquer avec nous. RÉZO peut t’aider, que tu aies posé des gestes violents ou que tu en aies subis. Nos service sont gratuits et confidentiels.

Les types de violences

La violence dans les relations n’est pas toujours évidente à identifier, et existe sous plusieurs formes, qu’on peut regrouper en neuf grandes catégories : physique, verbale, psychologique, sexuelle, économique, spirituelle et sociale, ainsi que la maltraitance et la cyberviolence. Déroule les onglets suivants si tu souhaites en savoir plus :

Les 9 types de violences

La violence physique

Parlons maintenant du type de violence le plus facile à reconnaître : la violence physique. Les manifestations les plus fréquentes en sont les bousculades, les coups de toutes sortes (coups de poings, claques), les étranglements et les pincements. Notons que même le fait de bloquer le passage, de frapper dans les murs ou de claquer les portes, constituent des occurrences de violence physique, tout comme détruire des objets, de s’en prendre aux animaux ou aux enfants. Elle peut aussi prendre des formes plus subtiles, comme prendre le contrôle des médicaments qu’une personne doit prendre, ou encore celui de mettre consciemment la santé ou l’intégrité physique du partenaire en danger (par exemple, l’exposer consciemment à une ITSS).

Chez les HARSAH, la force physique de deux hommes, souvent semblable, fait en sorte que les situations de violence physique corps à corps peuvent avoir des résultats très graves. Une autre spécificité de la violence physique entre HARSAH concerne le contrôle des antirétroviraux d’un partenaire séropositif par l’agresseur, ou encore le contrôle de la prise d’hormones d’un partenaire trans (l’empêcher d’avoir accès aux hormones ou l’obliger à en prendre).

La violence psychologique

La violence psychologique est l’un des types de violence les plus insidieux. Elle prend un éventail de formes : du mépris à l’humiliation, en passant par le dénigrement et les menaces. Les effets de ce type de violence affectent particulièrement l’estime et la confiance en soi de la personne qui la subit. Ce type de violence a pour but le contrôle du partenaire. Un agresseur peut aller jusqu’à constamment remettre en doute ce que la victime dit ou raconte. La violence psychologique fait de véritables ravages chez les personnes qui en sont victimes, d’autant plus qu’elle est invisible ou cachée, et la personne qui la subit ne se rend pas toujours compte qu’elle est l’objet de manipulation psychologique.

Chez les HARSAH, ce type de violence peut prendre la forme de menaces ou de chantage par rapport au dévoilement non consent (outing). En effet, tant en ce qui concerne l’orientation sexuelle, l’identité de genre ou le statut sérologique, l’auteur de la violence psychologique peut menacer de dévoiler sans son consentement le statut ou l’identité de la victime. « Si tu ne fais pas ce que je te dis, je vais dire à ton boss, ou à ta famille, que tu es gai. » Également, aux menaces de dévoilement concernant le statut sérologique, s’ajoutent tous les types d’insultes à caractère sérophobe de même que les menaces juridiques par rapport au VIH, comme par exemple : « Je vais dire à la police que tu ne m’as pas dévoilé ton statut avant une relation sexuelle non protégée par un condom. »

La violence psychologique peut également consister en l’invalidation de l’expérience vécue par le partenaire, voire même de son identité ou de son orientation sexuelle. Par exemple, ne pas reconnaître l’identité de genre d’une personne trans (mégenrer, utiliser les mauvais prénoms) ou nier l’orientation d’une personne bisexuelle sont des attaques psychologiques très violentes.

La violence verbale

La violence verbale découle habituellement de la violence psychologique. Souvent banalisée, passant inaperçue ou encore considérée comme ne « faisant pas de réelles blessures », la violence verbale passe par les mots (incluant ceux des langues des signes) et la voix; les manifestations sont autant les cris, injures et insultes, les « pétages de coche », les engueulades…

Les variations spécifiquement GBTQ-phobes reviennent majoritairement à l’emploi d’insultes à caractère homophobes, comme « pédé », « tapette », la plupart desquelles comporte une connotation misogyne (en ce sens que l’insulte sert à condamner la « part de féminin » décelée par l’agresseur chez la victime).

La violence sexuelle

Les violences sexuelles ont une multitude de manifestations qui vont du harcèlement verbal (sexualisation délibérée du partenaire ou tenir des propos inconvenants à son égard), jusqu’aux contacts sexuels non désirés (acte ou pratique sexuels non désirés), en passant par l’utilisation de menaces ou de chantage, la force physique et même jusqu’à l’intoxication forcée du partenaire dans le but d’obtenir son consentement à avoir un rapport sexuel.

Rappelons que le consentement est une condition sine qua non pour avoir une relation sexuelle, sans quoi il s’agit d’un crime sexuel grave. Il en va de même pour tout type d’attouchement, comme un baiser, et tout acte à caractère sexuel (comme le fait de forcer quelqu’un à regarder des images sexuellement explicites). Ce consentement doit être donné de façon libre (exempt de menace ou de rapport d’autorité), éclairée (par exemple, ne pas savoir que l’autre est porteur d’une ITSS contagieuse ne constitue pas un consentement éclairé, puisque la personne ne sait pas « dans quoi elle s’embarque »), enthousiaste (une personne qui ne réagit pas aux caresses de l’autre, qui ne donne aucun signe de plaisir, ou qui se laisse faire n’est pas une personne qui consent avec enthousiasme) et continue (à n’importe quel moment du rapport sexuel, une personne peut retirer son consentement, changer d’idée, ou refuser telle ou telle pratique).

Un homme gai qui se voit forcé à avoir le rôle de passif/actif à chaque relation sexuelle, même quand il ne veut pas, subit des violences à caractère sexuel. Une personne trans qui se verrait forcée à certaines pratiques sexuelles qui lui rappellent son ancienne identité subit également de la violence à caractère sexuelle. Il est aussi pertinent de mentionner les violences sexuelles ayant comme point d’ancrage les ententes de couple : ne pas respecter l’entente de couple établie, ou imposer une configuration qui ne fait pas consensus revient à être violent sur le plan sexuel.

La violence économique

La violence économique consiste soit en la prise de contrôle des revenus de son partenaire, ou encore en le fait de le départir de ses biens, de lui demander des comptes à chaque dollar dépensé, de constamment lui demander de l’argent, utiliser sa carte de crédit sans son accord (pour achats en ligne, par exemple). Elle peut aussi se manifester par le dénigrement de l’autre personne basé sur son revenu ou sa classe sociale.

Dans les relations entre HARSAH, il n’est pas hors du commun de voir une différence d’âge relativement importante entre les partenaires. Souvent, avec un écart d’âge vient un écart de revenus qui augmente la susceptibilité de la relation d’entrer dans des dynamiques manipulation économique (venant autant du partenaire le plus riche que du moins riche), pouvant inclure des enjeux au niveau sexuel, social.

La violence spirituelle

Un autre type de violence qu’il est important d’aborder est la violence spirituelle. Possible dans les deux directions, la violence spirituelle peut se manifester à la fois par le fait de forcer son partenaire à pratiquer, ou à se convertir à sa propre religion/spiritualité ou par le fait d’empêcher son partenaire de pratiquer la sienne. Il est également possible que l’agresseur utilise le système de croyances de son partenaire pour le manipuler. Ce type de violence peut facilement s’étendre à tout ce qui touche la culture et les mœurs, sans nécessairement comporter de dimension cultuelle. Le fait, par exemple, de ridiculiser certaines traditions, les habitudes alimentaires ou la façon de se vêtir sont autant de leviers de pouvoir qui s’ancrent dans l’éducation et la culture du partenaire.

Quand on parle d’homosexualité, de bisexualité et de transidentité, il peut être très facile de discréditer la culture de son partenaire. La xénophobie et la peur de la religion de l’autre peuvent facilement s’entremêler avec des a priori concernant les LGBTQphobies. Ces tactiques d’agression jouent fortement sur les sentiments d’inadéquation des personnes qui les subissent, ce qui peut, entre autres, exacerber l’homophobie intériorisée.

La violence sociale

À cette liste des types de violence, on peut ajouter la violence sociale, qui consiste à contrôler la vie sociale de son partenaire : interdiction de voir tel ou tel ami, de fréquenter telle organisation, refus que le partenaire voie sa famille, etc. La violence sociale comprend également l’espionnage du courrier, fouiller dans le téléphone de son partenaire (lire ses textos, voler ses mots de passes, espionner son Facebook, Instagram, ses conversations).

Les spécificités homophobes peuvent consister en l’interdiction de fréquenter des lieux relatifs à la communauté gaie, refus de se tenir la main en public, ou encore obligation à se tenir la main en public.

La maltraitance

Dans le cas où une personne aurait un partenaire avec des besoins particuliers et qui ne répondrait pas à ses besoins, on parlerait de maltraitance. Les exemples les plus simples sont ceux où on voit un partenaire négliger de laver son partenaire à charge, de lui donner ses médicaments ou encore de le nourrir.

La cyberviolence

Enfin, bien qu’elle participe de la plupart des types de violence, glissons un mot sur la cyberviolence qui prend, avec la dépendance de plus en plus grande à Internet et aux réseaux sociaux, une importance toujours plus grande. La spécificité de la cyberviolence est qu’elle constitue avant tout le lieu de la violence, lieu à la fois privé, semi-privé et public, qui peut occasionner une multitude de types de violence. Effectivement, les possibilités sont quasi infinies : harcèlement en ligne (psychologique), shaming public (verbal), sextorsion (menacer de publier des photos ou vidéos intime sur les réseaux sociaux, sexuel), frauder la carte de crédit de son partenaire (économique), espionner le Facebook de son partenaire (social), etc.

L’utilisation des applications de rencontrent comportent également un risque de cyberviolence pour les gens des communauté GBTQ, notamment par la multitude de micro-agressions que l’on y retrouve. Ces micro-agressions visent toute personne relativement différente, à commencer par les hommes “efféminés” (“Masc for masc”), les personnes racisées (racisme, objectification), les personnes trans, et les personnes séropositives. Également, les applications de géolocalisation permettent parfois l’espionnage par un partenaire, voire le harcèlement.

Les particularités des relations entre hommes

La violence au sein des couples homosexuels est similaire à celle qui est présente dans les couples hétérosexuels. Les études varient et parlent d’environ un homme sur quatre à un homme sur trois. Ce qui ressort toutefois, c’est le fait que certaines particularités font en sorte qu’il est plus difficile pour un homme gai ou bisexuel d’aller chercher de l’aide.

La peur d’être confronté à des préjugés et de l’homophobie constitue un obstacle dans la démarche d’aide. De plus, la nature même de la relation amoureuse ou intime entre hommes procure davantage de leviers de pouvoir pour un partenaire exerçant de la violence. Par exemple, si un des deux partenaires n’a pas dévoilé son homosexualité à ses proches ou à sa famille, la personne violente peut s’en servir pour maintenir un climat de peur, en menaçant de dévoiler l’homosexualité de la victime à son entourage (outing). Le même principe peut également s’appliquer dans l’optique où un des deux partenaires est séropositif. Déroule les onglets suivants si tu souhaites connaître les différents facteurs qui favorisent la violence entre hommes.

Les LGBT-phobies

La violence ne s’articule pas seulement dans les relations intimes ou amoureuses. As-tu déjà été victime d’homophobie ou de transphobie? Une réponse positive à cette question indique que tu as aussi vécu une forme de violence qu’on peut nommer LGBT-phobie. Lorsqu’on parle de LGBT-phobies, on fait référence à l’ensemble des attitudes, actes et paroles de rejets liées aux minorités de genres et sexuelles. Ces discriminations sont nombreuses et peuvent s’exprimer sous plusieurs formes. Elles peuvent concerner l’orientation sexuelle (l’homophobie), l’identité de genre (la transphobie), ou encore viser un sous-groupe en particulier (la biphobie ou la lesbophobie). Elles peuvent également être interpersonnelles (entre les individu-e-s) et structurelles (l’hétérosexisme ou le cissexisme).

Les LGBT-phobies peuvent donner lieu à différentes formes de violences concrètes, qu’elles soient verbales ou physiques, notamment. Mais être victime d’une LGBT-phobie, c’est parfois plus subtil : associer par exemple une expression de genre ou un comportement à une orientation LGBT, ou encore assumer l’hétérosexualité d’une personne.

Si tu souhaites en savoir plus sur cet enjeu, tu peux consulter notre Lexique, qui propose différentes définitions sur ces questions. Si tu as besoin de parler de la discrimination que tu as vécue ou de celle que tu vis toujours, contacte-nous, RÉZO offre des ateliers de groupe ou des consultations individuelles qui te permettront de répondre à tes besoins.

Le consentement

Dans le large spectre des types des violences sexuelles se trouvent les enjeux reliés au consentement. À RÉZO, on aborde spécifiquement la question du consentement dans nos communautés à travers plusieurs ateliers et des rencontres individuelles avec nos intervenant·e·s.

On a même fait une campagne de communication et de sensibilisation sur le sujet, que tu peux consulter dans son intégralité, ici!

Tu voudrais en apprendre davantage sur le sujet ou tu aimerais parler de ton expérience? N’hésite pas à nous contacter!

Le projet VRAIH

Depuis 2016, RÉZO soutient l’initiative VRAIH – Violence dans les relations amoureuses et intimes entre hommes dans le but de répondre aux besoins des hommes qui feraient face à des problèmes de violences dans leurs relations.

Ce projet, basé sur la concertation entre différents organismes et institutions, permet d’améliorer les connaissances sur le sujet et la capacité des organismes à agir au coeur du problème. Une formation a d’ailleurs été conçue pour outiller les intervenant·e·s de première ligne afin de bien répondre à un dévoilement de violence. Également, une série d’ateliers de soutien a été développée pour les gars de nos communautés touchés par ce problème et qui aimeraient en discuter avec des personnes ayant vécu la même chose.

Tu as l’impression que quelque chose ne va pas dans ta relation?

RÉZO t’offre du soutien! Prends contact avec nos intervenants en appelant au 514-521-7778 poste 226. Tu peux également nous écrire directement sur notre page web ou écrire à info@rezosante.org.

La campagne « Entre nous, c’est pas toujours gai »

Possessivité maladive, insultes homophobes, contrôle économique, chantage émotif… Avec cette campagne, lancée en mai 2019 dans le cadre du projet VRAIH, RÉZO dénonce toutes les formes de violence dans les relations amoureuses et intimes entre hommes.

Pour la consulter dans son intégralité, c’est par ici.

Questions fréquentes

Comment savoir si je vis de la violence dans ma relation?
Tu as l’impression que quelque chose ne va pas dans ta relation? Tu te sens de plus en plus isolé? Ton partenaire est extrêmement jaloux, ou se montre surprotecteur? Ton partenaire t’a déjà fait des menaces ou du chantage par rapport à ton orientation sexuelle, ton identité de genre ou ton statut sérologique? Une réponse positive à l’une de ces questions peut indiquer que tu as vécu ou que tu vis de la violence dans ta relation. N’hésite pas à nous contacter pour en parler avec un·e intervenant·e!

Combien de types de violence existe-t-il?
Il existe neuf grandes catégories de violence : physique, psychologique, verbale, sexuelle, économique, spirituelle, sociale, la cyberviolence et la maltraitance. Bien sûr, dans beaucoup de situations, ces différents types de violences peuvent s’articuler entre elles, et l’on peut vivre plus d’un type de violences à la fois. Pour davantage d’informations à propos de ces types de violences ou pour approfondir ce sujet, n’hésite pas et contacte-nous, les intervenant·e·s de RÉZO pourront t’aider à y voir plus clair!

Est-ce que la violence est répandue chez les gars de nos communautés?
Malheureusement, oui. Il a été en effet démontré que, en moyenne, un homme gai sur quatre (25%) a fait l’objet d’une agression sexuelle. Chez les hommes hétérosexuels, le chiffre se situe plutôt entre 3% et 7%.

D’autres questions?

N’hésites pas!